Les carnets de Fontsainte

Nouure

F — 2 décembre 2007

J’écoute les musiques des pays intouchables. Ma vie se noue à l’absence.
J’irai voir ce que recèlent les draps de la nuit indienne. Et la solitude des cavaliers.
J’irai par les chemins salués par les vents. J’irai le regard fixe, comme au couchant.
J’ai juré de partir et j’irai, car l’Occident m’a déjà tout livré. On m’a régalé des mets hypocrites, des confitures sans sucre, des épices sages. Il ne reste plus qu’à ordonner les saveurs dans ce bouquet de dégoûts. J’ai dû accueillir le ciel impur des métropoles assassines.
J’ai vu leurs nuits de titane. J’ai ressenti les prestidigitations virtuelles dans les planétariums de pacotille. Et j’apprends, depuis des lunes et des lunes, les dialectes du paradis.
Je recherche la base et le sommet : est-ce futile ? Je rêve aux cités d’antan ?
Les Parthes, les Minoens, les Hittites. Et le sacrificiel royaume ? Et les morts pour la République ? Je veux comprendre d’où provient cet orient des perles de mon amante —

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