Diderot - Essai sur la vie de Sénèque le philosophe, sur ses écrits et sur les règnes de Claude et de Néron
De l’apologie de l’épicurisme, Sénèque passe à l’apologie de la philosophie en général. Combien j’ai été satisfait, en lisant les chapitres 17 et 18, d’y trouver les mêmes impertinences adressées à Sénèque, et par les mêmes personnages, que de nos jours. On lui disait, comme à nos sages : « Vous parlez d’ une façon, etc. » Voici comment on attaquait autrefois le stoïcien Sénèque, et la manière dont il se défendait. « Si donc un de ces détracteurs de la philosophie vient me dire, etc. » Tout ce qui précède, tout ce que j’omets, tout ce qui suit, est très beau. Quand on cite Sénèque, on ne sait ni où commencer, ni où s’arrêter. Les philosophes modernes pourraient dire à leurs détracteurs, ce que le sage de Sénèque disait aux siens : « Ne vous permettez pas de juger ceux qui valent mieux que vous, etc. » (XCI- XCII)