(2002)
Celui qui acquiesce l’avenir, le hasard, parce que sa volonté est assez forte pour plier les événements et l’insolite à sa propre subjectivité, celui-là est la preuve vivante que toute prophétie doit être écartée. Ainsi, le surhomme est l’homme du hasard, le prince machiavélien capable de contrer les pièges de Fortuna et de la mettre de son côté, non pas par des sacrifices, des prières, des larmes ou des destructions, mais par la conquête sur soi. Car l’on a besoin des prophètes par vanité et par crainte : par crainte de l’avenir, de l’inconnu, de ce qui adviendra demain, et par vanité de se dire que la connaissance de l’avenir sera pour nous le bras armé de notre volonté, impuissante par elle-même face à l’événement. Pensons aux prisonniers juifs d’Auschwitz : les prédictions chrétiennes devaient leur apparaître bien dégoûtantes lorsqu’ils rassemblèrent en silence et en eux-mêmes toute l’humanité pour résister à la déshumanisation mondiale. Personne ne semble leur en savoir gré.
“M’est avis qu’ils ne devraient même pas avoir leur place à Nanterre.” (écrivez(vous un post plus haut).
Ah bon ? Vous voulez les virer? Leur retirer leur chaires, les priver de leur métier? C’est très joli tout ça. Vous êtes un flic, un type de la race qui emprisonne, baillonne, enferme. Vous êtes répugnant.
Réponse : Je ne me croyais pas si flic que cela : mon bras est-il à ce point armé des appuis invisibles de la police secrète ? Je vous répugne ? Mais qui êtes-vous donc pour venir ainsi qualifier mes pensées solitaires ?
Vous oubliez bien vite les attaques de Schopenhauer contre Hegel, celles de Nietzsche contre Strauss. Mes opinions ont si peu de portée… que je m’étonne de votre réaction !
Commentaire par Free — 1 novembre 2007 @ 17:52
Il s’agissait d’attaques de personne à personne. Vous, c’est tout un groupe dont vous souhaitez l’élimination sociale. Ce qui me répugne, ce n’est pas votre personne, que je ne connais pas, c’est l’expression d’une envie d’épuration. C’est le cri de “virez-les!”
“Pensées personnelles” écrivez-vous, “de peu de portées »? Mais pensées exprimées sur un blog, par un professeur de philo qui peut être entendu, qui a certainement des relations. Cette guerre est assez envenimée pour que vos appels soient écoutés. De vertueux policiers de la pensée noteront ceux que vous livrez en pâture aux valeureux combattants de l”antifascisme” (ce masque pour tant de petitesses). Je suis triste.
Admettons la disproportion de ma réaction - cela uniquement parce que vous ne croyez pas à votre audience, ce qui jette évidemment un éclairage bien différent sur vos paroles. Il m’avait semblé entendre un appelle à la Didier Daeninckx, pseudo démocrate aux méthodes totalitaires.Bien plus qu’une question d’idées, une volonté politique de destruction des individus -individus déjà niés puisque le verbe les annihile en les regroupant dans une communauté qui ne tient aucun compte des particularités.
Enfin il y a cette certitude d’incarner la pureté, le BIEN qui m’a toujours terrifié, et qu’un Koestler a très bien analysée comme l’une des structures inhérentes aux grands massacres politiques, de Robespierre à Pol Pot (un certain islamisme aujourd’hui).
Il me semble que tenter de s’améliorer, c’est d’abord douter de sa perfection, c’est mettre en avant la vertu cardinale de tolérance. C’est ne pas souhaiter l’arasage de l’autre –sauf à entrer franchement dans le pamphlet, ce qui relève d’une toute autre typologie.
Mais j’aurais dû seulement écrire : “cette pensée me répugne”, car effectivement je tombe dans ce qui me déplait tant : nier l’intégrité d’une personne dans sa totalité sur la simple expression d’une idée (nier les chambres à gaz n’est pas, à mes yeux ,une idée. Par contre, commencer à affirmer sans nuances « dire cela = négation », non. On ne doit rejeter que la claire affirmation de cette négation sous peine de recréer une inquisition.)
Bref, affirmer la nullité d’un adversaire, en l’attaquant nominalement,est différent de votre phrase(d’ailleurs,on peut réfléchir de manière boiteuse sur tel philosophe (je ne dis pas que c’est le cas chez eux) et être un bon pédagogue). Les mots sont dangereux… Plus qu’un autre, vous devriez le savoir. Enfin, je croyais que le philosophe met les mots au service d’une quête de la vérité… En tous cas, je ferais plus attention à mes formulations.
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A ce moment-là, je me fais un devoir de vous répondre en vous situant ma question et les raisons de mon emportement :
Tout d’abord, je ne suis plus professeur de philosophie. Voilà une première chose évacuée. Je n’ai donc pas ce défaut de l’autorité dont vous me gratifiez.
Ensuite, je parlais, à propos de ces personnes à mon sens indésirables, de F. Laruelle, entre autres, de Noam Chomsky, de Fédier, de Guest, et généralement de ceux que Nietzsche nommait des philistins de la culture.
Les Lettres de non-philosophie de Laruelle sont certes d’une grande richesse et de haute volée. Trop souvent obscures toutefois et anti-démocratiques en ce sens que, comme il le dit lui-même, la non-philosophie serait la solution initiale au problème de l’impossibilité pour la philosophie de construire le bien commun. Soit. Preons son hypotèse : pour Laruelle, historiquement, la philosophie ne saurait être au niveau du peuple - constat des rationalistes du siècle de notre Révolution qui, pour leur part, avaient néanmoins envisagé, avec beaucoup de courage, d’optimisme et de foi en l’homme, la possibilité de “populariser” la philosophie sans lui faire subir ce renversement absurde et incompréhensible dont F. Laruelle a fait l’objet de toute son “oeuvre”.
Oui, je suis rationaliste, et en ce sens aussi, quelque peu dogmatique sur un point : je tolère tout phénomène et cherche à le connaître dans le seul dessein de m’approcher plus près de la vérité humaine qui, seule, nous est accessible.
Je vous renvoie, à propos de la popularisation de la philosophie, à l’excellent compte rendu de colloque organisé par Philippe Beck, publié en 1995 ou 1996 aux éditions de l’ENS St Cloud.
Je trouve lamentable l’idée que la philosophie ne saurait retrouver sa vivacité qu’en allant à rebours d’elle-même (je n’invente rien), autrement dit :
1) en niant tout d’abord sa vocation à atteindre la Vérité en tant qu’absolu et horizon du langage, inatteignable par définition, donc antitotalitaire
2) en refusant que le langage soit l’instrument d’approche de cette Vérité
3) et en renonçant par conséquent à faire de la vertu communicationelle du langage un moyen de construire, tant dans l’esprit individuel qu’a fortiori dans la la communauté des hommes, une vérité et un bien commun.
En gros, Laruelle et consorts heideggerianisants sont aux antipodes du projet philosophique des pythagoriciens, des platoniciens et des leibniziens : ils renoncent à la métaphysique. Grand bien leur fasse : je continuerai à combattre cette attitude. Et je fais mienne la phrase de Nietzsche que tout le monde semble vouloir taire pour ne retenir de son oeuvre que ses attaques contre les métaphysiciens des arrière-mondes : ” Il faut que l’humanité place son horizon dans un au-delà d’elle-même - qui ne réside pas dans un faux monde-X, mais dans sa propre perpétuation. La question : comment quelque chose devient a pour moi une signification qui se rapporte constamment à celle de savoir ce qu’elle doit devenir.”
Je ne dénie pas les capacités de Laruelle. J’estime cependant qu’il délire quand il tient ces propos indigne de lui permettre de s’intituler “philosophe” :
“L’universalisme philosophico-rationnel est une combinaison d’origine grecque, judaïque et chrétienne, comme synthèse il reste intentionnel sans être réel de bout en bout parce qu’il ne l’est pas de part en part, sa racine est gangrenée par la fin et son application forcée au donné historique. Le principe d’universalité suffisante axée sur le cercle de la transcendance déchaînée est mortifère. Nous préférons user d’une dualyse et opposer sous un terme provisoire, à l’esprit de la « solution finale » qui est éminemment philosophique, quelque chose comme une « solution initiale » qui ne peut être qu’une sauvegarde. Nous contestons le concept de « solution finale » pour les trois raisons philosophico-criminelles qui la définissent, une solution réglant le Tout des problèmes, une solution comme décision ou pouvoir principiel du Tout, enfin une solution comme dissolution, la fin comme terme ou finalité orientée sur la mort rivant les sujets à leur définition, mettant un « terme » comme on dit à la vie.”
L’universalisme, n’en déplaise à Mr Laruelle, n’est pas un totalitarisme : sans cesse l’on entend les parangons du postmodernisme nous crier haut et fort que la considération selon laquelle la Terre et le Monde sont tout petits, voués à imploser si une force ne s’impose pas pour les canaliser toutes, est une idée totalitaire.
Il faudrait d’abord définir le totalitaire et cesser de jouer avec les mots.
En visant toujours une certaine catégorie de personnes promptes à défendre l’universalisme, ce siècle-ci et le précédent a prouvé l’impossibilité de sortir de la raison sans détruire l’humanité.
Et je tremble intérieurement quand nos nouveaux non-philosophes en place renvoient dos à dos le totalitarisme nazi et la philosophie toute entière , pour se débarrasser de l’héritage sans lequel ce monsieur n’aurait jamais pu “nier” quoique ce soit (”La consommation du Mal est un processus que l’on opposera à celui de la philosophie comme production du Mal.” Laruelle).
Ils avancent avec, dans une main, l’horreur des camps nazis et du stalinisme, s’en servent de bouclier et annoncent que, ça y’est, ils ont la réponse à des siècles de questionnement humain : l’Homme est le en-dernière-instance de quoi la philosophie doit périr pour faire tabula rasa en faveur de leur nouveau prcinipe de sauvegarde.
Ils sont tout bonnement nietzschéens.
En revanche, de faux nietzschéens, puisque le principe de leur argumentation est l’idée selon laquelle la philosophie est un reflet de l’histoire, que la volonté philosophique de trouver réponse à la question métaphysique de “l’être” a engendré le mal absolu, ce qui, précisément, n’est pas le propos de Nietzsche. Car Nietzsche n’a jamais prétendu que la raison souveraine de Descartes et l’ironie presqu’athée de Voltaire était à l’origine de la mort de Dieu et du nihilisme : elle représentait pour lui la planche de salut pour tout romantique malade de nationalisme, de racisme, de schopenhauerisme et de wagnérisme. La mort de Dieu nietzschéenne n’est pas celle des Possédés de Dostoïevski. Elle n’est pas celle qui signe le Grand Soir de la Révolution, mais me commencement de l’homme se considérant comme habitant de la Terre, les yeux rivés au Ciel ou sur l’horizon du grand Océan du Monde.
Commentaire par Free — 7 novembre 2007 @ 15:47
Et pour continuer sur ma lancée, j’affirme que la thèse qui remet en cause l’existence des chambres à gaz est un crime contre la vérité. En ce sens, je ne peux pas la tolérer, et je ne tolère pas non plus les personnes qui, non contentes d’avoir été jugées et condamnées par des tribunaux populaires, pour avoir soutenu cette thèse, persistent et signent, et se font préfacer par des pontes de l’université américaine.
Ma position vous semble-t-elle plus claire sans les noms de Faurisson et de Chomsky ?
Commentaire par Lionel Duvoy — 8 novembre 2007 @ 0:34
Vous partez loin. Vous êtes enflammé.
Mettez un peu de sel sur votre feu.
Recentrez-vous.
Car votre liberté ne connaît pas de limite.
L D
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Désolé pour ce temps de latence. J’ai peu de liberté, et n’ai pu écrire jusqu’à maintenant (sauf à dire n’importe quoi et je préfère désormais peser mes mots) J’ai malheureusement fort peu de temps pour vous répondre. J’essayerai éventuellement d’y revenir mais déjà, je dois vous dire deux choses. La première : votre changement de statut redirige la parole, elle est désormais plus libre. Elle perd cet aspect « guerre entre confères » qu’elle avait, ipso facto, quel que soit la pureté de vos intentions. Ce n’est pas rien. Il n’y a plus de confusion possible entre l’écrivain, l’homme qui réfléchit (qu’importe l’étiquette) et la fonction. La virulence désormais part d’un espace privé.
Deuxièmement –et là, c’est plus complexe à mes yeux. Vous me semblez être quelqu’un de convaincu. Convaincu d’appartenir au bon camp, d’incarner la face lumineuse de la pensée contre les méchants qui sont 1) soit des incompétents. 2)soit des salauds (ou l’un et l’autre). Est-il dans votre caractère de voir dans le contradicteur un ennemi ? de le penser, en somme, comme intrinsèquement pervers ? C’est que, voyez-vous, sans être un expert (mais qui l’est sur un tel sujet) je me suis penché sur le phénomène totalitaire. Comme l’avait bien vu Koestler, la pureté, la compétence et l’ardeur au travail ont fait infiniment plus de morts que le crime de droit commun, la paresse ect. D’où une problématique dela vertu comme vecteur du mal. D’évidence on peut constater que le danger de déshumanisation de l’autre, prologue à tous les massacres, commence à partir du moment où l’on se reconnaît franchement comme supérieur éthiquement à l’autre et qu’on en tire la conclusion suivante : j’ai raison, il a tort. (Delà à penser : « Dans une cité idéal, IL ne devrait pas exister »…
Je peux me tromper. Peut être ne vous considérez-vous pas, ne vous concevez-vous pas comme une personne particulièrement sourcilleuse sur l’éthique démocratique, quelqu’un de « rare », mais ce n’est pas l’impression que j’ai eue. Il me semble bien, au contraire, que vous vous concevez comme un rempart, une sorte de citoyen de choc pourfendant les méchants, les déviationnistes dangereux de l’humanisme. A partir de ce moment là, à mes yeux, c’est vous qui devenez le danger. Vous êtes sans le savoir infecté par le virus d’une sorte de racisme moral : je suis un surhomme de l’éthique, ma conception du monde EST le bien. Et que ne ferait on pas pour imposer le bien ?
Voilà. C’est un premier élément de réflexion. Est-il nécessaire d’écrire qu’il n’ ya pas d’agressivité dans ma pensée ? car ce que je conçois sous entend une véritable valeur éthique, un réel effort chez l’homme qui est porteur de combat (et c’estbien ce qui est dangereux).
Dès que j’en aurais le temps, j’essayerai de développer un deuxième point : la tolérance. Absolue. J’ai beaucoup de respect pour le premier amendement américain, qui ne se défie pas du peuple comme hélas, on le fait en France. Je tâcherais aussi de prendre plus en compte ce que vous me dites –mais afin de me « situer » (hélas…en vérité je ne me situe que contre ce qui supprime la liberté d’écrire et de penser au nom de la liberté ) sachez que pour moi, par exemple, un Didier Daeninckx est un être qui s’avilit, car la délation est avilissement . Voilà quelqu’un qui au nom de la moral a perdu toute notion réelle de la morale, dont les actes sont en flagrante contradiction avec l’éthique.
Je répondrais –même s’ilme faut du temps – à toutes objections/questions.
« Avec le début du règne des bolcheviks, l’être humain en tant qu’unité commença à disparaître » (Zinaïda Hippius,Journal sous la Terreur). Voilà le danger, faire passer une notion théorique avant l’homme. Au nom d’une fin moral se peremettre des moyens immoraux –et j’entends par immoraux ce qu’on sait instinctivement être moche :délation, procès politique orchestré de manière à anéantir la réputation de l’adversaire, mauvaise foi,deux poids deux mesures (il est pire d’avoir été au GUD que d’avoir été MAO par exemple. Et bien non, pas pour moi, désolé.) Politiquement, humainement, je m’y refuserai toujours. Savonarole, par bien des côtés, est un Saint ou aurait pu être un saint. Seulement il a franchi la limite qui sépare ce qui se fait de ce qui ne se fait pas : l’instauration de la violence au nom du bien. La barbarie de la vertu. Robespierre n’estpas sans offrir une figure significative à cet égard- voilà un homme qui a la conviction vécu d’incarner le Bien. Regardez comme instinctivement la mémoire populaire, beaucoup moins primaire que ne le croient nos intellectuels, rejette le personnage. Les images de t^tes tranchées, d’amis vendus et de morges affichées qui viennent immédiatement à l’esprit des gens (je l’ai expérimenté 100 fois) voilà le vrai jugement de la postérité, voilà l’instinct d’éthique. Mes petites réflexions personnelles m’ont amené à une quasi certitudes : le totalitarisme ne se représente (ra) pas sous le même masque, il emprunte (empruntera) une posture différente. Mais il est des signes qui le dénoncent. J’en ai déjà donné qqlq uns et je n’y reviendrais pas. Et bien, finalement j’ai été plutôt abondant… c’est que nous touchons à de telles questions…
Je vous quitterais en disant simplement : à partir du moment où on se donne le droit d’être implacable, quand toute compassion a été volontairement rejetée, on est sur le chemin du mal, on s’inscrit déjà, d’emblée, parmi les massacreurs.
Ps la question du “crime contre la vérité” estimportante. Je connais un juif qui est contre les lois Fabius Gayssot, car “elles donnent l’impression qu’il y a quelque chose à cacher,que la vérité n’est pas si vraie que ça.” Il faut savoir écouter ceux qui ont des droits à se sentir concernés. Ma position est simple : les camps ont existés, ne les nieront jamais que des allumés ou des antisionistes maladifs. Mais doit on interdire pour autant l’expression d’une incrédulité qui relève dela folie ou de la saloperie? J’ai vu un livre qui glorifie Staline et nie les massacres d’Ukraine. Faut -il l’interdire? Là aussi il y a “crime contre la vérité”. Doit on interdire tous ces “crimes contre la vérité” que sont les négations des morts maoïstes, les folies de Farakhan sur lesjuifs esclavagistes etc? Dites-moi, jusqu’ou interdit-on??? franchement,jusqu’OU?!
Ou alors, la Schoah doit-elle avoir un statut spécial, unique? Pourquoi pas?j’avoue préférer cette dernière solution, qui a le mérite de la clarté. Mais vous voyez la liste d’interdictions à promulguer si on ne retient pas l’unicité de la Schoah. Alors que pensez-vous? On interdit tout, en créant un tribunal historico-pénal qui fixe la vérité?
j’a&i confiance dans la majorité : en Amérique ou on estlibre de publier, ily a moins de négationnistes et d’intérêt pour cela qu’en France. C’est quand mêmequelque chose qui a une signification non? Oubien le principedoit-il l’emporter sur l’efficacité, l’idéologique sur le pragmatique?
Ce n’est pas en se décrétant “voix du bien, du bon, du juste” qu’on répondra, qu’on tranchera. Pourquoi ne pas faire confiance aux gens? (et je ne veux même pas fouiller la question internet, accessibilité).
Mais soyez francs, loyal : interdit-t-on TOUS les “crimes contre la vérité”,négation des victimes de Staline et consorts comme négation des chambres à gaz? Toute remise en cause d’une vérité historique indéniable, quelqu’elle soit dès lors qu’il y a des milliers/miilions/ etc de morts?
Ou unicité du massacre nazi. Seul sa contestation doit être poursuivi, non les autres contestations,mais alors il faudra briquer vos arguments philosophiques.
Faire confiance au bon sens, expliquer clairement et laisser les fous tourner en rond comme les allumés qui débitent du Coston, du conspirationnisme, illuminati etc c’est du même tonneau. Je répété que personnelement, affirmer l’unicité de la Schoah comme point oméga de l’inhumanité humaine (si j’ose dire) me paraît concevable, à condition de le dire franchement et d’élaborer clairement nos valeurs là dessus. Restera pourtant à régler le problème du communisme.
Ou bien - et cette solution à l’américaine me sourit- ne pas laisser les juges décider de l’histoire,ne ps laisser se rétablir une censure d’état (c’est pourquoi je tiens à la spécificité des chambresà gaz si on doit absolument interdire. Que cette vérole ne se répande pas et que demain on n’arrête pas celui qui déclare : “il n’y a jamais eu de plaestinien, c’est un peuplequi n’existe pas”. Ou qu’on interdise le bouquin de Loti ou il nie le génocide arménien. Il FAUT penser à tout ça). déclarer que l’expression d’une idée est criminelle et doit être punie de prison et d’amende, ce n’est pas rien. Avant de se mirer dans la spendeur de son âme,il faut bien réfléchir si on ne veut pas se retrouver avec énormément de sang et de douleur sur les mains.
Commentaire par Free — 14 novembre 2007 @ 18:37
Votre opinion personnelle est importante en ce qui vous concerne. Mais les thèses négationnistes et tous leurs défenseurs méritent qu’on les juge, en séance publique, pour leur responsabilité dans leur diffusion. Que je sache, notre problème national est celui de la collaboration avec le régime de Hitler. Les Russes se sont occupé du cas Staline. Et je vous recentre un peu, parce que manifestement vous partez en mayonnaise : je parlais bien d’un “expression”, celle de Laruelle, qui assimile l’universalisme à la solution finale des nazis. N’y voyez-vous pas une forme de perversion mentale ?
L D
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PS 2
Je tiens quand même à dire que j’éprouve le plus grand mépris possible pour les négationistes, que je les trouve abjectes. Ca va de soit? Mieux vaut pourtant le dire. Oui,ils sont ignobles. Reste après ce pathos, la réflexion.
(si j’ai pu prendre le temps -un peu - de choisir mes mots je n’ai pu me relire de près. Désolé.)
Commentaire par Free — 14 novembre 2007 @ 18:52
PS -et de 3.
Je reviendrais ultérieurement (si j’ai qqlq raisons de le faire) sur la définition de : « totalitaire » -et sur Laruelle. Disons rapidement qu’est totalitaire toute théorie portée par un cerveau qui se donne le droit d’avilir ses contradicteurs, de les réifier en les ravalant à une déshumanisation basée sur ce qu’on pense, soi, son petit soi, de leurs idées. Idées qu’on se permet de juger non pour ce qu’elles sont en vérité, , mais pour ce qu’on pense qu’elles représenteraient –bref, selon l’interprétation qu’il nous plait d’en donner. Qui peut être si certain de sa pureté qu’il se croit à même d’être objectif dans un débat où il se sent engagé, où de facto l’adversaire l’énerve ? Ce qui compte, ce sont les FAITS. Priver un homme de son emploi, le calomnier, faire d’un relativiste un suppôt des nazis : interdire la pensée différente au nom de SA vérité.
L’universalisme : je noterais simplement que bien avant Laruelle il fut battu en brèche par les penseurs de l’école Afro-américaine de Harvard (celle d’avant les « problèmes » d’il y a qqlq temps.) Le fait est que jusqu’ici, tout projet totalitaire fut un universalisme. Aujourd’hui, l’Islam est lui aussi un universalisme –c’est ainsi qu’il se conçoit. Cela ne condamne pas tout universalisme pour autant, mais les penseurs modernes devraient avoir appris à se méfier. De Buonarroti à Pol Pot, on retrouve le même esprit niveleur qui fut aussi celui des bolcheviks, comme l’avait absolument compris le Dostoïevski des Démons .
Enfin : Platon préparant la rééducation et la mort du « mauvais » citoyen dans la République, Kant s’enflammant pour une Révolution qui accouche de la Terreur ou Hegel applaudissant un tyran tel que Napoléon… Franchement, la philosophie me semble avoir prouvé son échec. (1). C’est sans doute Gombrowicz qui sous couvert de railleries à dit là-dessus certaines des choses les plus définitives. Tant il est vrai que l’humour, le rire, sont les privilèges des esprits qui n’ont en eux rien de totalitaire –car c’est là un type humain, un caractère le totalitaire -et il est invariablement d’un sérieux mortel (c’est le cas de le dire).
Un homme ,vraiment soucieux, désireux de combattre le totalitaire en lui devrait d’abord s’attacher à arracher de lui cette ivraie. Hélas, l’amour-propre fait qu’il est plus avantageux sur tous les plans (sauf celui de l’éthique véritable)de se donner la posture de combattant idéologique et de pourfendeur des théories dangereuses. Qui est prêt à interdire, enfermer, détruire de réputation des hommes qui n’ont « péché » que par opinions et dont les actes sont irréprochables, en vérité je vous le dis, celui-là est déjà un Tchékiste.
Evidemment, il faut plus de courage vrai pour SE combattre, pour SE défier de ces penchants au savonarolisme philosophique.
(1) Kierkegaard et Nietzsche ne sont pas ce type d’esprit systématique (pour faire vite), ils sont singuliers (on a voulu prouver contre Nietzche sa récupération. Je n’adhère pas à cet idée ; c’est aussi faux, à mes yeux qui cependant n’incarnent pas le regard de l’absolu vérité, que pour Rousseau
Commentaire par Free — 15 novembre 2007 @ 16:47
“Je vous quitterais en disant simplement : à partir du moment où on se donne le droit d’être implacable, quand toute compassion a été volontairement rejetée, on est sur le chemin du mal, on s’inscrit déjà, d’emblée, parmi les massacreurs.”
Je n’ai pas en moi cette terreur : je ne me sens pas, dans mon opiniâtreté, devenir diabolique ou terrible. C’est vous qui me voyez ainsi monsieur, car votre miroir a des trous.
Vous n’avez, ce me semble, que trop peu travaillé sur vous-mêmes. Me permettrai-je de vous avilir ? Je ne vous connais même pas, et je n’y tiens d’ailleurs pas, à moins, naturellement, que vous soyez “dans mes cordes”. Votre tolérance absolue est une absurdité qui, parce qu’elle est sans mesure, se nie elle-même. C’est en ce sens qu’il faut comprendre la vertu, monsieur, dont je parle : la mesure, la virtù exercée sur cette capacité de tolérer, naturelle chez l’homme quoiqu’on en dise, permet qu’elle n’explose pas en effusion de tolérance absolue de tout ce que l’homme commet de mal.
Vos sentiments s’arrêtent où les miens commencent : vous bouillonnez de vouloir tout défendre, même en allant jusqu’à contredire ce qui, en vous, parle de soi, de l’homme. Mais je dois parler là le langage des saliniens, ou autres bolcheviks dont vous faites le leitmotiv de votre commentaire, qui n’en est pas un, n’est-ce pas Mr M ?
Commentaire par Lionel Duvoy — 15 novembre 2007 @ 18:14
“Convaincu d’appartenir au bon camp, d’incarner la face lumineuse de la pensée contre les méchants qui sont 1) soit des incompétents. 2)soit des salauds (ou l’un et l’autre)”.
Vous êtes dans la théorie de l’ennemi, que je ne cautionne pas du tout. Je n’ai pas besoin d’ennemi pour faire ce que j’ai à faire. Et quand je me mêle un temps aux débats en cours ou qu’il me prends de vouloir disséquer une phrase d’un auteur quelconque pour y pointer ce qu’il y a de pathologique, de vicieux dans son raisonnement, cela, je le fais aux heures de bureau, ou le soir, en me promenant sur l’Internet, entre deux cigarettes.
Je ne prétends aucunement posséder l’autorité suffisante pour dessouder un Laruelle, puisque je ne suis ni bardé de diplôme, ni l’ami intime de Mr Sarkozy : “m’est avis” qu’il ne faut pas trop vous en faire pour moi, cela devient malsain.
Commentaire par Lionel Duvoy — 15 novembre 2007 @ 18:20