F. Nietzsche - Au dieu inconnu (1864)
Premier poème achevé de Nietzsche, composé en septembre 1864, au moment de quitter Schulpforta, Dem unbekannten Gotte (GSA 71, 242) marque le début du chemin immoraliste emprunté par Nietzsche pour ne jamais perdre l’idée de Celui qui fut - son père.
Au dieu inconnu
Encore une fois avant de poursuivre ma route
Et de tourner mes regards vers l’avenir,
Je lève vers Toi mes mains jointes en prière,
Toi en Qui je fuis
A qui je consacre des autels
Au fond du fond de mon coeur
Pour que toujours
Ta voix me rappelle.
Et là en lettres de feu
Les mots : Au dieu inconnu.
J’existe comme si, jusqu’à cette heure,
J’avais été fidèle à la cohorte des criminels ;
Je suis tel et je sens les liens
Qui, dans la lutte, disloquent mes membres ;
Mais je puis fuir pour me mettre à ton service.
Je veux te connaître, Inconnu.
Toi Qui plonge tes racines dans les profondeurs de mon âme
Et qui, tel un cyclone, traverse mon existence en tourbillonnant
Toi l’Ineffable qui m’est apparenté !
Je veux te connaître et même : te servir.
Bravo pour ce texte - je t’appelerai demain si Dionysos le veut
Commentaire par fontsainte — 24 mars 2007 @ 21:10