Le blog de Lionel Duvoy

Livres

Lionel Duvoy — 6 mars 2007

Vivent-ils d’amour, d’esprit, de vin, du tout et du seul, de la fleur, du chien ou de la rivière, du fleuve ou de la mer – les livres ?

Combien sont-ils à pourfendre celui qui lit, non parce qu’il sait lire, mais parce qu’au fil des pages, le mot qui suit est imprévisible, et en ce sens aussi : l’idée, et que la vie va de même, et qu’ils ne le supportent pas ?

Ils en veulent à l’amant d’une sophia pétrifiée, sculptée à même la feuille, à même le bois broyé et mâché. Ce n’est pas parce qu’elle serait momie ou idole, mais parce que Sophia y est toute vie…

Lors même qu’elle serait de langue morte, lors même qu’elle est de pensées mortes depuis des lustres, sophia vit.

Ô quelle tradition bâtissent-ils en défroquant, bouffi d’orgueil qu’ils sont, les gens du souffle.

De l’esprit, ils s’échinent à force de répétitions respiratoires et d’encensoirs rouges, blancs et ors, à inhaler le souffle qui n’est jamais expiré.

Ils s’enflent de fierté et trébuchent sur eux-mêmes.

Expient-ils ?

Et c’est à peine si L’Haleine nous effleure tandis que parvenus au seuil du For, nous osons un pieds peu sûr sur la marche.

Gratté et prélevé, l’or au fonds du creuset n’est plus métal, et pourtant… la geste d’amour qui saurait écouter et entendre à l’heure de minuit, qu’il est temps, ô grand temps de reprendre les armes :
- l’encre,
- la harpe,
- la flûte,
- la plume,
- le papier,
- le pianoforte,
- la viole,
- le rire,
- l’audace de jouire,
- le saint amour,
- le compas

tout risque de dégénérer en fanfaronnade, car une âme lourde et son valet s’épuisent à dénigrer la voie des livres.

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