Le blog de Lionel-Édouard Martin

Itinéraire d’un francophone en Caraïbe

Lionel-Édouard Martin — 21 décembre 2006

ITINERAIRE D’UN FRANCOPHONE EN CARAÏBE

(Ce texte a été publié dans le n°19 de la revue Hauteurs)

« Caraïbe à paroles ! » fais-je s’exclamer le navigateur de mon Ulysse au seuil des îles : oui, grande mêlée des mots que cet espace en forme de bouche, avec la mer pour langue, Antilles incisives, et gorge continentale – tout cela qui parle, module, stridule, pose des noms sur une carte, un de ces portulans du temps jadis où les îles s’érodent, ébarbent leurs criques trop déchirantes, adoucissent leurs consonnes trop abruptes et les laissent lentement fondre sur les papilles de l’océan. Je dis cela – cet espace bleu, les bordées de phrases, le galet de toutes langues qu’entrechoquent les marées, et l’étincelle qui en résulte – soleil tout juste adolescent, plus Dionysos qu’Apollon, l’unificateur brouillon, le créateur d’idiomes.

Francophone venu d’ailleurs, du vieux continent qu’on envisage à la lorgnette du haut des mornes, mais la distance est telle que des Finistère la pupille ne cueille pas grand-chose – Atlantique, dit-on, de cette masse d’eau sans libellule - que des avions - qui sépare le nouveau monde de l’Europe. Alors, de guerre lasse, puisque l’œil, repu de vagues sempiternelles, est aveuglé par la distance, on tend l’oreille – et des voix ô merveille sont perceptibles, plus proches, qui causent à la cadence des cœurs, au rythme de la marche, les voisines, les voix d’îles : et ce sont, apportés du vieux continent par d’antiques goélettes, le français, l’espagnol et l’anglais qui agitent leurs syllabes, clochettes, les emmêlent, en laissent aux branches des épineux des flocons – c’est que ça s’élide sec, s’apocope, s’aphérèse, craque – recrée.

Francophone, donc, venu d’ailleurs, né en vieille terre de Poitou, mais bourlingueur en diable à la façon de cet autre, aussi friand de langues, l’homme aux semelles de vent, le Rimb’ – mais lui, c’est un autre continent qui le hélait, lui, d’autres idiomes, l’amharique, l’arabe, les langages des bordures de cette mer aussi rouge qu’est verte et bleue la grosse houle caraïbe.

Francophone donc, tiré d’un ventre latin – l’accouchement ne se fit pas sans douleur, puisqu’il fallut couper à ras les entrailles le cordon du vieux poitevin, cisailler la voix des grands-parents, l’origine champêtre, pour prendre le respire de l’autre souffle, l’hyperboréen ligérien français.

Francophone au final, si l’être c’est parler français – vaille que vaille on le parle avec çà et là des réminiscences d’ailes rognées, la mémoire des voyelles d’enfance, francophone au final, mais avec toutes les autres langues, celles apprises à l’école et dont on médite la rencontre, et celles moins fréquentées dont on dévore à treize ans les grammaires, le soir au lit, comme d’autres lisent Le Dernier des Mohicans ou Jack London, calmant de cette manière une fringale d’horizons lointains, mâchant le phonème étranger, tâchant de se l’incorporer, d’en faire sa chair.

Francophone au final, mais empli d’échos, de désirs d’échos, de leur accomplissement, passant du rêve à la réalité – c’est alors qu’on voyage, que l’on parcourt le monde.

* * *

Après d’autres périples, on débarque un jour, francophone donc « de naissance », en Martinique, avec pour mission d’affermir et d’affirmer ce qui lève – le grain, la francophonie dans cette région, c’est là ma charge à l’Université (des Antilles et de la Guyane) où j’exerce à ce jour depuis bientôt huit ans, co-dirigeant, avec mon collègue et ami Pierre Dumont, l’Institut Supérieur d’Études Francophones (ISEF), sillonnant sans relâche l’arc antillais, de la Havane à Port d’Espagne, tâtant la mamelle énorme de l’Amazone, puisque mes itinéraires professionnels me conduisent jusqu’au nord du Brésil, Para, Amapa, pays d’eaux et d’aras – en un mot : pays riches de parole, loquaces, babillards. J’y parle aussi, me mêle au concert : parmi toutes les autres langues, le français, ma langue, que je promeus en souci de partage, donnant ce que je possède à ces autres qui, en écho, me donnent ce qu’ils ont. Car nous croyons à cet échange, nous autres acteurs de la francophonie, et pensons que le plurilinguisme est la voie la plus apte à nourrir la diversité.

En effet : célébration du divers, et sa stimulation, que la francophonie : il n’est pas question d’arracher ou même de tuteurer, mais de planter à côté, au plus près du tronc. Deux arbres qui s’enlacent, qui croisent leurs branches comme les orants leurs mains (Cathédrale, bien sûr, de Rodin, mais sans rejet de l’image des antiques Philémon et Baucis, ce beau couple d’humains changés en chêne et en tilleul, imbriqués l’un dans l’autre) – deux arbres qui se touchent créent un début de canopée où le vivant prospère. Nous voulons l’amalgame des feuillages les plus hétérogènes, le bosquet fouillis, la forêt, la masse grouillante de vie, le maintien des espèces et des espaces : c’est à cette fin que nous poussons notre langue à la roue, que nous la débourbons des chemins creux de sa grammaire austère pour la mener à la bonne parole, celle qui unit, met avec, fait le pont, rend guéable toute solitude.

À ce titre, je m’harmonise à votre écho, créolophones d’Haïti, de Guadeloupe, Martinique et de Guyane, hispanophones de Cuba, de Saint-Domingue et du Vénézuéla, anglophones de Trinidad, Grenade, Sainte-Lucie, Dominique, Saint-Christophe et de tant d’autres îles, je suis avec vous, lusophones de Belem et de Macapa, dans la force de vivre et souvent la pauvreté tragique – comme étaient pauvres aussi mes ancêtres bas-poitevins, mes vieux diseurs dans leurs champs de mauvais tubercules, dans la disette et la jachère, mes ventres creux qui mouraient jeunes sur leur paillasse. Je suis avec vous dans le partage, en somme, bidimensionnel, de la francophonie - dans l’espace et dans le temps : car nous sommes aussi des héritiers, nous autres francophones, de la longue série des âges où, remontant au plus loin, j’entends se parler de vieilles langues, qui se métamorphosent, prises dans leurs bouches par de nouvelles populations qui se les approprient, en font leur pain de chaque jour, s’en nourrissent et s’en accroissent.

C’est en effet l’apanage de certaines langues que d’avoir des racines enfoncées profondément dans la mémoire des hommes, de fertiliser l’humus humain depuis kyrielle de siècles. J’aime, francophone, à me penser en héritier ; non pas riche de biens familiaux, mais je partage un communal avec les gens de mes rivages, nous avons, où nous menons nos paroles quotidiennes, les mêmes pâtures, lesquelles sont de bien vieilles prairies, de vieux lieux de culture en partie ruinés mais dont il n’est pas mal aisé, dès lors qu’on le veut, de restaurer, pour le plaisir de l’œil et de l’oreille, l’ancien ordonnancement. Je plaide en faveur de la luxuriance des littératures antécédentes, dont peu m’importe qu’elles nous aient, ou pas, civilisés : mais je crois au plaisir qu’elles nous donnent, moins guindées dans le marbre ou dans l’airain qu’on pourrait le penser - mais effervescentes et rouges comme une vendange de Prosecco, volcaniques, éruptives, dès lors qu’on prend le soin de les dégager de leur apprêt, de désobturer les flacons solennels où la tradition scolaire les a conservés. J’ai la conviction que les faunes et les nymphes d’Horace, ses sacrifices de biquettes aux sources, que l’univers païen mis en scène dans les Odes - que tout cela est bien plus en rapport avec la vision vaudoue du monde qu’avec tout autre religion, que la latinité, même dans ses expressions les plus olympiennes en apparence, sert bien plus Dionysos qu’Apollon. Le français, puisqu’il est sorti de cette matrice et malgré tous les coups de langue qu’il a pu recevoir au cours des siècles, le français, tout bien léché qu’il puisse aujourd’hui sembler, doit bien se souvenir quelque part de cette origine. Ce lieu, cet héritage pressenti, je l’ai retrouvé bien sûr chez nombre d’auteurs français, mais peut-être nulle part avec plus d’acuité que chez certains écrivains d’Haïti : au premier rang d’entre eux, je pense à Jacques Stephen Alexis, dont le roman Les Arbres musiciens me semble prendre place directement dans cette lignée, situer sous d’autres latitudes l’endroit et le moment où le cri « le grand Pan est mort » fut entendu au large de Paxos par Thamous, capitaine égyptien de vaisseau.

Le grand Pan, le « grand Tout » est-il si mort que nous ne puissions, nous autres francophones, envisager de lui insuffler une vie nouvelle ? Remontant du fond des âges dans l’exaltation géographique qui est la nôtre, habitants de la Caraïbe, il me paraît que la francophonie dans son « être le là » donne à l’existence une dimension complémentaire, en ceci qu’elle pose l’être aussi dans la réalité d’un passé millénaire dont elle se doit d’être consciente. C’est ici l’idée que je défends : nous avons, nous autres francophones, un combat à mener qui excède les limites de la seule langue française dans ses expressions hexagonales ; un combat d’avant-garde, où s’ébauche un dialogue dans l’espace et le temps et qui excède très largement la simple question de la communication.

Francophonie, oui, mais pour le partage originel, et non pour la seule causette. Pour celle-là, j’ai d’autres langues en tête, qui me parlent différemment – je pense à l’anglais, bien sûr, charnu des causeries du moment. Le français m’offre quant à lui une tout autre perspective - cette plongée dans le monde et dans l’histoire, dans ce qui peut-être a nom « culture », qui n’est pas égoïste et qui nous vient d’aussi loin que de très près. Écrivain francophone, je porte sur l’univers un œil naïf et séculaire, ce que je vois de mon entour m’est perceptible à la fois dans l’immédiateté et dans la rétrospection, toutes deux consubstantielles. C’est cette horizontalité profonde qui fait mes délices, et que je souhaite donner aux autres. C’est là tout ce que j’aime, et que j’essaie de promouvoir.

Poèmes des îles qui marchent

Lionel-Édouard Martin — 5 novembre 2006

PHILOCTETE MAGNIFIQUE(1)

Poèmes des îles qui marchent, publié par Actes sud, est une invitation à (re)découvrir l’œuvre capitale du poète haïtien René Philoctète (1932 – 1995) au travers d’une anthologie de ses principaux recueils, dont la production s’échelonne de 1961 à 1995.

Méconnue hors de Haïti, où la poésie contemporaine se réclame pourtant volontiers de son héritage, la poésie de Philoctète saisit d’abord par sa forte unité. L’ancrage haïtien est la dominante majeure de cette écriture résolument moderne, qui, dans la foulée du spiralisme(2) , « cass[e] l’aile au lyrisme des natures mortes et des vertiges », où nul « doudouïsme(3) » ne se laisse percevoir : paysages brossés, mots employés, rythmes évoqués, tout ramène le lecteur aux Antilles, à ces îles « chantant sans cesse gencives nues / parce que habituées depuis guimbo(4) à bercer les écoeurements / des maîtres / en swing en rumba en meringue en tango ». Le poète lui-même plus d’une fois prend chair dans son île natale : « je vais forêt immense aérienne / l’herbe guinée m’ayant poussé sous les aisselles / mancenilliers campêches palmiers royaux orchestrés leur / musique sur mon corps de démiurge » ; c’est qu’en effet « moi, poète, j’ai le pouvoir de posséder la vérité de mon pays ». D’Haïti, il est le contemporain et le témoin : « j’ai […] marqué mes pas sur les pas du peuple mien et gardé la juste mesure des us et des coutumes. […] J’ai mis mon cœur dans la banalité des faits divers comme dans l’approche des démarches profondes de la nation », écrit-il dans « Petite note » (Herbes folles, 1982).

Pour autant, - et c’est le marque de l’humanisme somme toute classique de Philoctète, professeur de lettres, - la contingence haïtienne, pour prégnante qu’elle soit tout au long de l’œuvre, ne coupe pas le poète de l’universel : car « quiconque dans la nuit pleure sur la ville et sur son cœur / saigne en moi », « je prie mon cœur de battre ferme / pour qu’on l’entende de partout ». Le rôle du poète (« L’homme m’envoie vers vous ») n’est-il pas en effet d’aller vers autrui pour « faire route ensemble », de « laboure[r] les cœurs pour les épis d’amour » ? D’unir, puisque « l’Homme n’est jamais seul alors que je vous parle et que vous m’écoutez », et qu’on écrit « pour être deux, pour être mille », jusqu’à ce rebours de Babel, la confusion fondatrice de l’unicité (« dites aux gens d’ici / de partout / que j’avais le grand désir de confondre leurs langues / leurs terres leurs amours ») ? De s’offrir en un sacrifice eucharistique très explicite : « j’ai mis mon cœur à partager / comme un gâteau » ?

Le poète délivre ainsi son message d’amour (à cet égard, le mot « cœur » est de ceux que Philoctète ne cesse d’employer, aussi omniprésent que le je de l’auteur, dont il semble indissociable), spécifiquement à son épouse, Margha (à qui il a d’ailleurs dédié son recueil éponyme de 1961, et dont la présence est sous-jacente à l’œuvre entière, puisque « Partout dans mon poème / Margha est une lune en visite à la terre »).
Mais cet amour de poète va bien au-delà de la cellule familiale, que le poète adresse à toute l’humanité, celle en particulier, la plus meurtrie, dont « la vie est déchiquetée / comme du gras double chez le boucher » : c’est que le poète (n’est-il pas « poète et citoyen » ?) professe un engagement auprès de l’homme. Ainsi met-il en garde les acteurs de la violence : « Seigneurs de guerre et de désolation / ô vous / dont le rire dans la nuit des hommes / claque / comme un sabbat de haute flamme / apprenez / que la plus petite larme d’un peuple a valeur d’éternité », aussi le poème est-il « poème de salut public », une arme levée contre toute soumission : « portez-moi à concevoir que cette terre mêlée au ciel / et ces colombes du soleil / ne m’appartiennent plus / je reprends d’un coup ma force d’homme et de poète », jusque dans un des tout derniers poèmes de l’auteur, improvisé lors de son ultime intervention publique : « Moi je maudis le manège qui sabre / qui sourit qui bénit / et qui tue ».

À la foison baroque des thèmes, fait écho une écriture caractérisée par le verset illustré par des poètes dont Philoctète se réclame explicitement lorsqu’il évoque le « rêve épique d’Aimé Césaire », son aîné martiniquais, ou plus secrètement – et je pense à cet autre créole, Saint-John Perse(5) , qui se donne presque à lire dans certains passages de Promesses (1963) : « Voici qu’un peuple triomphant ouvre les fastes de la fête qui n’est / point d’aujourd’hui mais d’antique et d’histoire… » « ce n’est point d’une fête quelconque que je parle mais d’une / promesse véritable prenant bourgeon aux hautes branches ». La Bible aussi marque notre auteur, en terme d’un nouvel évangile à porter : « je vais ! / poète d’un Cantique des cantiques fabuleux / annoncer au monde une nouvelle façon de voir », mais aussi d’exercice d’imitation, voire d’acclimatation : « son rire pétille comme un oiseau dans les tcha-tcha(6) / ses yeux sont deux étoiles / viens ma bien aimée, ma tourterelle toutereine » Ailleurs, ce sont de beaux, très purs et simples alexandrins qu’Eluard, admiré de Philoctète, n’eût pas reniés: « je redescends ma rue parmi l’odeur des mangues » « Margha de tous les bras tendus pour la récolte / […] / Tu m’as donné mes mains ma force ma raison » « rythmant ma gamme à la hauteur des gestes fauves ».

Pour autant, et malgré ces influences (mais quel poète n’en a pas subi, qu’il a su assimiler ?), on est confondu par l’unité de ton de l’œuvre, telle qu’elle se développe sur plus de trente années : c’est qu’il s’agit aussi d’une poésie fondée sur l’oralité, la plus simple et parfois la plus familière et la plus démonstrative : « mon amour je l’ai planté à lune nouvelle / et les fruits que j’en tire c’est gros comme ça », caractérisée par un lexique souvent concret, les objets les plus triviaux, puisqu’il est vrai que les hommes « marche[nt] avec le bulldozer / l’électron la dynamo ces affaires sensationnelles que le crieur / annonce au coin des rues ». Mais oralité aussi constitutive de la parole poétique, ponctuée, semble-t-il, par le seul rythme du souffle (à cet égard, il y a chez Philoctète quelque chose de claudélien), telle qu’elle s’exprime, mais les exemples fourmillent, dans des séquences comme celle-ci : « soleil ô / soleil ô / de quel côté tu es / trois fois nous avons frappé à ta porte / soleil ô / les enfants sont malades / soleil ô / de quel côté tu es ».

On se doit aussi de prendre en compte, dans le vers de Philoctète, l’influence de la musique et de ses rythmes, dont celui, fondamental, emblématique, du tambour (et plus accessoirement de la chanson populaire, à l’occasion quelque peu malmenée : « Adieu madras adieu foulards / quel langage dans ma mémoire dit à moi un vieux refrain ») : ce n’est pas pour rien qu’un des tous premiers recueils du poète a pour titre Les Tambours du soleil. La référence aux percutions sera par la suite une constante de l’œuvre, comme si la poétique de Philoctète devait métaphoriquement se fondre dans le martèlement : reviennent ainsi sous sa plume comme autant de leitmotivs le verbe « frapper » (et la porte où l’on « frappe » donne toujours lieu à ouverture) et l’évocation de la frappe sonore (« tam-tamant l’alaploume(7) à la paresse des banjos » ; « moi sorcier de ces terres lâchées dru drums en rut cognant recognant / leur front sur le chemin des madrépores » « des cloches de verre roulent sur les toits chantant à tue-tête » « l’écho des cymbales »). C’est que, poésie de la tendresse et de l’amour d’autrui, la poésie de Philoctète est aussi, fondamentalement, une poésie de la vigueur ; d’où cette coloration singulière qui l’imprègne et lui confère son timbre ; qu’on en juge à l’oreille : « la traîne / où louvoient des climats qui flambent : / Martinique / Inague / Antigue / comme un grand ballet de phosphore », ou encore : « ma terre / crevée / vieillie sans puberté / flasque / culbutant toute / soûle / pwak / éreintée / violée / hoquetant de saisons accumulées de soif / sèche / tronçons épars et sans attaches / aux tripes de pierre ».

René Philoctète : Poèmes des îles qui marchent. Actes sud, février 2003. 104 pages, 17€.


1 : je reprends ici, sans nulle intention de parodie, le titre du roman du Martiniquais Patrick Chamoiseau, Solibo Magnifique.

2 : mouvement littéraire haïtien, fondé en 1965 par René Philoctète, Jean-Claude Fignolé, Frankétienne et Bérard Cénatus. Frankétienne en donne la définition suivante : « [il s’agit de] cerner la vie au niveau des associations (par les couleurs, les sons, les lignes, les mots) et des connexions historiques (par la situation dans l’espace et le temps). Non dans un circuit fermé, mais suivant une spire plus élargie et plus élevée que la précédente, agrandir l’arc de la vision » (cité par Raymond Philoctète, Anthologie de la poésie haïtienne, Les Editions du CIDIHCA, Québec, 2000, p. XXIV)

3 : ainsi nomme-t-on cette « poésie des îles » nourrie d’un Parnasse tout régional, où l’influence se fait sentir, dans le meilleur des cas, de Leconte de Lisle et de ses épigones. Les auteurs représentatifs de ce courant sont légion dans la Caraïbe francophone du 20ème siècle.

4 : « de toute éternité, depuis fort longtemps »

5 : sur l’antillanité de Saint-John Perse, je renvoie à l’ouvrage de Raphaël Confiant et Patrick Chamoiseau, Lettres créoles, Hatier, 1991, p. 159 et sq.

6 : en créole haïtien, les « tcha-tcha » sont des maracas.

7 : l’alaploume est un combat de coqs, dont l’action est traditionnellement rythmée par les tambourineurs.