DISPARUE CARAÏBE
(paru dans le n° 3 de Parasites, automne 2004)
Quand je t’aimais Sirène en mer des Caraïbes
la méduse opaline attifait le corail
en épouvante aux plies goulues de ton soleil
et s’y gavait ma bouche en source d’écriture
foulant aussi les blés à longs pas de bleuets
j’y prenais ma goulée de tendre eau galopante
(en vérité grand bleu : c’est moisson d’onde équestre !)
hippocampe absolu ; pâmoison dans les vagues :
l’un tranchait les épis d’un ciseau de ses jambes
l’autre disait l’orgasme en crissant sur le sable
Dans un désir de pluie je trayais à ma paume
les fleuves les plus bleus et plus soyeux que sang
c’est mer de feu qu’un coeur percutant ses marées
en mes veines tambour et toi qui le battais
tam-tamant dans mon bleu sur la peau de mes eaux
l’écho fusait aux doigts comme étoile bruissante
maculant toutes nuits les jours mal fagotés
en vrac dans ma fournaise : en faisceaux les soleils
canne en pleurs sur haquets en route vers le rhum